Droit de la famille,
des personnes
et du patrimoine.

Droit international
de la famille.

LRM et Patrimoine

Pourquoi une succession reste-t-elle bloquée pendant des années ?

« Cela fait cinq ans que la succession est ouverte et rien ne se passe. »

Cette phrase traduit souvent le sentiment d’impuissance des héritiers, qui ont le sentiment que le dossier est « bloqué » sans comprendre précisément pourquoi.

Pourtant, une succession ne demeure jamais paralysée par hasard.

Dans l’immense majorité des dossiers, le blocage résulte d’une ou plusieurs difficultés juridiques parfaitement identifiables.

Encore faut-il les diagnostiquer correctement.

Car il n’existe pas une succession bloquée, mais des successions bloquées, dont les causes sont très différentes et appellent des réponses juridiques distinctes.

C’est précisément l’objet du travail de l’avocat spécialisé : identifier l’origine du blocage afin de mettre en œuvre la stratégie procédurale la plus adaptée.


Première cause : les héritiers ne sont pas réellement en désaccord… mais ils ne parlent plus des mêmes sujets

Dans de nombreuses affaires, les héritiers affirment être en conflit sur le partage.

En réalité, leur désaccord porte sur tout autre chose.

L’un estime avoir financé les travaux réalisés dans la maison familiale.

Un autre revendique une indemnité d’occupation.

Un troisième demande que certaines donations soient prises en compte.

Un quatrième conteste l’évaluation d’un immeuble.

Autrement dit, le partage est rarement le véritable problème.

Le plus souvent, les difficultés concernent la liquidation de la succession.

Tant que ces questions ne sont pas résolues, aucun partage durable ne peut intervenir.

C’est pourquoi une analyse juridique approfondie est indispensable dès l’ouverture du dossier.


Deuxième cause : la liquidation est plus complexe que les héritiers ne l’imaginent

Contrairement à une idée répandue, le travail du notaire ne consiste pas uniquement à rédiger un acte de partage.

Il doit auparavant reconstituer l’ensemble des droits et obligations des héritiers.

Cela suppose parfois d’examiner plusieurs décennies d’opérations patrimoniales.

Donations anciennes.

Comptes d’indivision.

Créances entre copartageants.

Occupation privative d’un bien.

Financement de travaux.

Remboursement d’emprunts.

Gestion des revenus locatifs.

Chaque élément peut modifier les droits de chacun.

Plus le patrimoine est important, plus cette reconstitution devient délicate.

La durée de certaines procédures s’explique ainsi moins par un défaut d’activité que par la technicité des opérations de liquidation.


Troisième cause : le conflit familial dépasse souvent la seule succession

L’expérience montre que le contentieux successoral ne porte pas toujours exclusivement sur des questions patrimoniales.

La succession réactive parfois des tensions anciennes, des rivalités familiales ou un sentiment d’injustice accumulé depuis plusieurs années.

Le décès d’un parent conduit alors à exprimer des griefs qui dépassent largement la liquidation du patrimoine.

Le rôle de l’avocat consiste précisément à distinguer ce qui relève du conflit familial de ce qui relève du litige juridique.

Cette distinction est essentielle.

Elle permet d’éviter que les opérations de liquidation ne deviennent le support de revendications qui ne pourront jamais être résolues par une décision de justice.


Quatrième cause : une stratégie procédurale inadaptée

Certaines successions demeurent bloquées non en raison de leur complexité, mais parce que la stratégie retenue n’est pas adaptée.

Il arrive que des demandes soient présentées trop tardivement.

Que des justificatifs essentiels ne soient pas réunis.

Que les héritiers engagent plusieurs procédures parallèles alors qu’une stratégie unifiée aurait permis de traiter l’ensemble des difficultés.

À l’inverse, certains dossiers restent plusieurs années dans une phase amiable alors que le recours au juge est devenu indispensable.

Le choix du bon moment pour saisir la juridiction est souvent déterminant.

La réforme du partage judiciaire s’inscrit d’ailleurs dans cette logique : favoriser une procédure plus structurée, permettant d’identifier rapidement les véritables points de désaccord et d’éviter les retards inutiles.


L’importance d’une stratégie construite dès le début du dossier

L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à considérer que le partage judiciaire constitue une simple formalité destinée à débloquer la succession.

En réalité, une procédure de liquidation-partage se prépare.

Les demandes doivent être hiérarchisées.

Les preuves doivent être réunies.

Les enjeux patrimoniaux doivent être identifiés dès les premières diligences.

Cette anticipation est souvent déterminante pour la durée de la procédure.

Elle permet également de favoriser, lorsque cela est possible, une solution négociée avant que les positions ne deviennent irréconciliables.

C’est précisément dans cette perspective que les modes amiables de règlement des différends trouvent aujourd’hui toute leur place, y compris au cours d’une procédure judiciaire.


L’expertise du cabinet Lebel Avocats

Les successions bloquées constituent l’un des domaines d’intervention privilégiés du cabinet Lebel Avocats.

Maître Aurélie Lebel, avocate spécialiste en droit de la famille, des personnes et du patrimoine, accompagne des héritiers confrontés à des dossiers complexes mêlant liquidation successorale, indivision, comptes entre copartageants, contestation de donations, indemnités d’occupation et procédures de partage judiciaire.

Son expertise repose sur une pratique quotidienne du contentieux patrimonial, mais également sur une activité doctrinale reconnue. Elle publie régulièrement dans les revues juridiques spécialisées, notamment en droit patrimonial de la famille, et intervient comme formatrice auprès d’avocats, de notaires et de professionnels du droit sur les évolutions de la procédure de liquidation et de partage, ainsi que sur les modes amiables de résolution des conflits.

Cette double approche permet au cabinet de proposer une stratégie adaptée à chaque dossier, fondée non seulement sur les textes applicables, mais aussi sur une connaissance approfondie de la pratique des juridictions et des études notariales.

Pour approfondir ces questions, consultez également les autres analyses publiées sur le site Lebel Avocats, consacrées au partage judiciaire, à la réforme du partage, à l’indemnité d’occupation, aux comptes entre indivisaires, à la liquidation de succession et à l’audience de règlement amiable.

Consultez ici l’article de Maître Aurélie LEBEL consacré à l’audience de règlement amiable à l’AJ Famille (LEFEVRE-DALLOZ) :

« Et pourtant, ça marche… ! », publié dans le dossier spécial consacré à l’audience de règlement amiable de l’AJ Famille (Lefebvre Dalloz).

Lebel avocats Aurélie LEBEL avocat spécialiste divorce Paris

Partager :

Poursuivre votre lecture

sur la même thématique…

LRM et Patrimoine

Les donations entre époux sont irrévocables

Suivant le nouvel article 265 alinéa 1, le divorce est sans incidence sur les donations de biens présents intervenues entre époux. La Cour de Cassation vient de décider que l’insertion,...
LRM et Patrimoine

La déclaration de revenus des couples séparés

Il a été mis fin au principe de la triple déclaration de revenus pour les couples qui se séparent (L. fin. 2000, n° 2010-1657, 29 dec. 2010, JO 30 dec....
LRM et Patrimoine

La dette d’un époux marié sous le régime de la communauté peut être poursuivie sur l’immeuble commun

Selon l’article 1413 du Code Civil, le paiement des dettes dont chaque époux est tenu, pour quelque cause que ce soit, pendant la communauté, peut toujours être poursuivi sur les...